Association Patrimoine de Lorouër-Pays de Lucé

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L’église et ses visages peints

Paul Scarron

Scène du roman comique XVIIIe s

Jean de Coulom

Petits métiers XVIIe s

Simple oratoire dans les temps anciens, l’église a été construite à partir du milieu du XIème siècle. Placée sous le vocable de Saint-Vincent, patron des vignerons, comme en attestent les grappes de raisins sculptées sur le portail d’entrée, elle a été remaniée aux  XVII et XVIIIème siècles avec la construction d’arcatures du côté droit de la nef. Outre ses dimensions très vastes pour une église rurale, c’est sa voûte qui reste  exceptionnelle …


Ces 92 visages peints sur un lambris de bois de châtaignier en forme de coque de vaisseau renversée, ont été réalisés en 1634 , d’après un cartouche peint sur la voûte, par Jean Julian, peintre, et Julien Vérité qui était alors chirurgien et procureur de la « Fabrique ». L’identité de ce peintre reste mystérieuse : était-ce un artisan du village ou venant de l’extérieur ? Certains documents d’archives ont cité deux Jean Julian, l’un ayant 18 ans en 1634, l’autre plus âgé à cette date…


Ces visages peuvent appartenir à de simples villageois, ce qui pourrait expliquer leurs représentations assez naïves. Quels pouvaient être leurs liens avec le peintre ou le procureur de la fabrique ?


Certains visages sont parfois accompagnés d’initiales F C H ou B O, ce qui pourrait supposer que certains personnages auraient pu payer le peintre ou le Procureur pour être représentés sur la voûte…


Sont  également peintes sur certains lambris, des inscriptions mystérieuses, dont il a été impossible de déchiffrer la signification. Différents types de croix sont représentées, dont des croix de Malte. 


La Fabrique était jusqu’en 1905 l’organisation  gérant le fonctionnement de la Paroisse, et relatant  ses  différentes actions  dans des registres appelés  « Comptes de fabrique » . Cette organisation était dirigée par un ‘’Procureur’’.



    Le petit peuple et les personnages de la voûte


Cette galerie de portraits populaires  amène naturellement à s’intéresser à d’autres réalisations liées à cette période. Ainsi,  Le Roman Comique de Scarron, dont la 1ère partie a été écrite en 1651, constitue une référence possible. En effet, Paul Scarron, seigneur de Fougeret , de Beauvais et de La Rivière, a vécu au Mans de 1632 à 1640,


Auteur réputé, Scarron a écrit de nombreuses pièces et  ouvrages de comédie, dont un ‘’ Recueil de quelques vers burlesques  en 1643 et surtout ‘’ Le Roman Comique’’, dont le style est à l’opposé des romans sentimentaux de l’époque et aurait inspiré ‘Le Capitaine Fracasse ‘’ de Théophile Gautier. Le livre de Scarron décrit l’arrivée d’une troupe de comédiens turbulents dans les rues du vieux Mans. L’histoire narre les aventures assez rocambolesques de ces personnages dans les quartiers de la ville et de ses alentours.


Le voyage est le thème de cet ouvrage. La troupe de comédiens devient alors un cortège un peu fou qui va enchaîner les aventures pour pouvoir manger. Or, les illustrations de cette œuvre joyeuse et sans complexe  ont toujours reflété le caractère picaresque des  comédiens décrits.


Les eaux fortes ou gravures parues dès le XVIIème, voire plus tard, ont présenté notamment des personnages aux traits assez réguliers, mais aussi  exagérés, voire caricaturaux, similaires à ceux de la voûte.


Dans cet esprit, l’association, en liaison avec la Commune et le Pays Vallée du Loir, a organisé, en 2005, une animation du village sur le thème « Le petit peuple de Scarron » à Saint-Vincent du Lorouër. Pendant  deux jours, les nombreux visiteurs ont pu effectuer une visite du village avec un guide  habillé en costume d’époque, assister à deux concerts de musique baroque donnés dans l’église, et participer à l’auberge de l’Hermitière  à un dîner style XVIIe siècle.


Cette belle manifestation, de plus de 250 participants, a permis de faire revivre  les visages de la voûte ,  de les relier à une histoire de leur époque ,mais aussi  de leur permettre de contempler  les visiteurs du 21éme siècle, intrigués et fascinés par le naturel et le réalisme de leurs portraits dessinés.